Vinci, ACS, Bouygues, Hochtief, Eiffage, Ferrovial, Acciona, Goldbeck, BESIX, CFE : 10 groupes majeurs de la construction européenne analysés sous 5 angles : financier, opérationnel, bourse, ESG et présence dans les 4 pays couverts par Nexelys (France, Allemagne, Espagne, Belgique). Données publiques, résultats annuels 2025.
Crédit qui redémarre lentement en Europe, commandes américaines records, ruée vers les data centers, exigences carbone : quatre forces qui redessinent la hiérarchie des majors du BTP. Avant la comparaison détaillée, cadrons les enjeux.
En Europe, la reprise du bâtiment reste progressive et inégale selon les pays. La détente des taux engagée par la BCE depuis 2024 a relancé la production de crédit immobilier et les autorisations de construire repartent dans plusieurs marchés, mais la construction neuve reste en retrait de son niveau d'avant 2022 dans la plupart des pays. Résultat : les majors qui ne dépendent que de leur marché domestique européen affichent des croissances modestes, tandis que celles qui se sont diversifiées (géographiquement ou vers l'énergie et les concessions) signent des exercices 2025 records.
L'Amérique du Nord est devenue le premier moteur de croissance des majors européennes. ACS réalise environ 61 à 63 % de son chiffre d'affaires en Amérique du Nord, grâce à sa filiale américaine Turner (ventes +34 % en 2025) ; Hochtief, sa filiale allemande, y consacre l'essentiel de son carnet ; Ferrovial tire sa valorisation de ses autoroutes texanes et canadiennes. Côté français, Vinci pousse Cobra IS (+13 %) et son carnet international, et Eiffage signe +16,6 % en Europe hors France. Le grand écart est net : la croissance se fait à l'export, la base reste européenne.
Les data centers sont le nouveau champ de bataille du secteur. Chez Hochtief, l'infrastructure numérique représente déjà 16,8 Md€ de carnet, soit 21 % du total. Chez ACS, les commandes liées au numérique ont quasiment triplé en un an, avec notamment un projet de data center d'environ 6 Md$ en Pennsylvanie. Cette vague d'investissement, ajoutée aux programmes d'infrastructures et de défense, explique pourquoi les carnets de commandes des majors atteignent des niveaux records alors même que le bâtiment résidentiel européen reste convalescent.
Concessionnaire-constructeur intégré, contractant mondialisé tourné vers l'Amérique, conglomérat en réorganisation, champion des renouvelables, industriel de la préfabrication, géant belge tourné vers le Golfe, pure player bruxellois recentré : le panel couvre l'éventail complet des modèles de la construction européenne, dans les 4 pays suivis par Nexelys.
Nexelys suit la conjoncture de la construction dans 4 pays : France, Allemagne, Espagne et Belgique. Pour chaque major, voici sa présence opérationnelle réelle dans ces 4 marchés, avec l'entité qui la porte. La présence s'entend au sens large du groupe : construction, route, énergie et services.
| Groupe | 🇫🇷 France | 🇩🇪 Allemagne | 🇪🇸 Espagne | 🇧🇪 Belgique |
|---|---|---|---|---|
| Vinci | Marché domestiqueVinci Construction, Vinci Energies, concessions (autoroutes, aéroports) | Oui · 2e marché~5,6 Md€ de CA 2024 : Vinci Energies Allemagne (~3,4 Md€, 16 600 pers.), Eurovia GmbH, Cobra IS | OuiCobra IS (~3,2 Md€ de CA 2025), rachetée à ACS en 2021 | OuiVinci Energies Belgium (~766 M€, ~2 900 pers., 15 marques dont Cegelec, Actemium) |
| ACS | MarginalChantiers Dragados ponctuels (transfrontaliers) ; pas de filiale permanente confirmée | Oui · via HochtiefHochtief, détenu à ~77,5 % (Stuttgart 21, data centers, infrastructures) | Marché domestiqueDragados (construction), Clece (services) | MarginalPrésence indirecte via Dornan (groupe Turner/Hochtief, site de Mons, data centers) |
| Bouygues | Marché domestiqueBouygues Construction, Colas, Equans France, Bouygues Immobilier | OuiEquans (Kraftanlagen Gruppe) ; Colas (rachat des activités route de Frauenrath en 2026, Colas Rail) | MarginalEquans présent (ex. Pierre Guérin Iberica) mais pas un cœur de marché | OuiEquans Belgium (ex-Fabricom), position de premier plan ; Colas Belgium |
| Hochtief | MarginalPas de filiale construction directe confirmée ; exposition via ~20 % d'Abertis (concessions) | Marché domestiqueStuttgart 21 (tunnel Bad Cannstatt), data centers, infrastructures | IndirectMaison-mère ACS basée à Madrid ; pas de marque Hochtief sur les chantiers espagnols | MarginalVia Dornan (data centers, site de Mons ouvert en 2024) |
| Eiffage | Marché domestiqueConstruction, route, Énergie Systèmes, métal, concessions (APRR) | Oui~5 400 pers., 40+ sites : Eiffage Énergie Systèmes (Elomech, Schwarz, Grantz, Nat) | Oui · depuis 1979Eiffage Energía (5 600 pers.), Eiffage Infraestructuras (enrobés, 25 centrales), Eiffage Metal | OuiEiffage Benelux, ~15 filiales (Valens, Smulders, etc.) |
| Ferrovial | PonctuelContrat ligne 16 du métro du Grand Paris (~438 M€) ; pas de filiale permanente de masse | MarginalVia Budimex (Pologne), ~3,7 % de son CA en Allemagne ; pas de présence directe significative | Marché domestiqueFerrovial Construcción (ex-Agroman) ; siège social transféré aux Pays-Bas en 2023 | Non confirméAucune activité opérationnelle confirmée |
| Acciona | Marginal · énergieServices d'efficacité énergétique (Eqinov, racheté en 2022) ; actionnaire d'Eolink (éolien flottant) | Marginal · énergieProjets renouvelables et services ; Nordex (turbines) est basée à Hambourg ; pas de construction lourde courante confirmée | Marché domestiqueAcciona Construcción, Acciona Energía, immobilier | Non confirméPas de bureau ni de projet confirmé |
| Goldbeck | Oui · via GSEGSE (rachetée en 2019), contractant global en immobilier d'entreprise, 12 implantations | Marché domestiqueSiège à Bielefeld, production préfabriquée en propre, 90+ sites | Via GSECouverte par le périmètre sud de GSE ; pas de marque Goldbeck propre | OuiOpère comme contractant local en Belgique |
| BESIX | OuiBESIX France : gare Saint-Denis Pleyel du Grand Paris Express (~100 M€, livrée en 2024) | Non confirméPas de filiale ni de chantier allemand confirmé | MarginalPrésence historique + BESIX RED (immobilier) ; pas d'activité construction courante confirmée | Marché domestiqueSiège à Bruxelles : Vanhout, Wust, Cobelba, Jacques Delens, BESIX Infra |
| CFE | Non confirméPas d'activité opérationnelle confirmée (la participation de Vinci au capital n'est pas une présence) | ÉmergentCFE Bau, contractant général lancé en 2021, présence encore limitée | Non confirméAucune activité confirmée | Marché domestiqueConstruction-rénovation, multitechnique (VMA, MOBIX), immobilier (BPI) ; cœur BE·LU·PL post-scission DEME (2022) |
Seuls Vinci et Eiffage réalisent le « grand chelem » des 4 pays. Les deux groupes français combinent un marché domestique profond, des filiales énergie puissantes en Allemagne et en Belgique, et un ancrage espagnol historique (Cobra IS pour Vinci, Eiffage Energía depuis 1979). C'est un avantage stratégique réel : leur croissance européenne ne dépend pas d'un seul cycle national, exactement la logique que Nexelys applique en suivant ces 4 conjonctures en parallèle.
Les espagnols regardent l'Amérique plus que l'Europe. ACS, Ferrovial et Acciona sont étonnamment peu présents en France, en Allemagne et en Belgique en dehors de leurs filiales spécialisées : leur expansion passe par les États-Unis, le Canada et l'Australie. Symbole fort : ACS a vendu Cobra (son réseau européen d'énergie) à Vinci en 2021 pour financer son virage américain. L'Europe du Nord-Ouest reste donc un terrain franco-allemand-belge.
Attention aux périmètres croisés. Cobra IS appartient à Vinci depuis 2021 (et non plus à ACS) ; Hochtief est consolidé dans les comptes d'ACS ; Equans porte l'essentiel de la présence belge et allemande de Bouygues. Pour comparer les groupes pays par pays, il faut raisonner en entités opérationnelles, pas en marques historiques : c'est ce que fait cette grille.
Le contracting pur dégage 4 à 6 % de marge ; les concessions en dégagent dix fois plus. La hiérarchie des résultats 2025 reflète d'abord le mix d'activités de chaque groupe, ensuite seulement la conjoncture.
| Indicateur | Vinci | ACS | Bouygues | Hochtief | Eiffage | Ferrovial | Acciona | Goldbeck* | BESIX* | CFE |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| CA (Md€) | 74,6 (+4 %) | 49,8 (+19,7 %) | 56,9 (groupe) | 38,2 (+14,8 %) | 25,3 (+8 %) | 9,6 (+8,6 %) | 20,2 (+5 %) | 6,3 (−1,6 %) | 3,45 (+1,7 %) | 1,04 (repli) |
| Rentabilité opérationnelle | 9,56 Md€ · 12,7 % | EBITDA 3,07 Md€ · ~6 % | 2,66 Md€ · 4,7 % | EBITDA 2,2 Md€ · 5,8 % | 2,6 Md€ (concessions 43 %) | EBITDA aj. 1,46 Md€ | EBITDA 3,21 Md€ (+31 %) | N.C. (privé) | EBITDA aj. 150 M€ · ~4,3 % | EBIT 44,9 M€ (+40 %) |
| Résultat net pdg (M€) | 4 900 | 950 | 1 138 | 902 | 1 020 | 888 | 803 (+90 %) | N.C. (privé) | 42 (×2,3) | 33,5 |
| Carnet de commandes (Md€) | ~70 (74,9 au 31/03/2026) | 92,9 (+5,3 %) | 32,0 | 72,5 (record) | 29,9 (travaux) | 17,4 (construction) | infra +6 % (montant n.c.) | 7,0 (entrées, record) | 8,2 (+61 %) | 1,63 |
| Effectifs | ~285 000 | ~183 000 | ~97 000 (constr.) | 61 519 | ~78 000 | ~25 500 | ~68 500 | > 13 000 | ~12 000 | ~2 990 |
* Goldbeck : exercice 2024/25 (clos au 31 mars 2025) ; BESIX : exercice 2024, derniers comptes publics disponibles. Tous les autres : exercice 2025. ACS consolide Hochtief : ne pas additionner leurs lignes.
Vinci joue dans une autre catégorie de rentabilité. Avec 12,7 % de marge opérationnelle sur activité et 4,9 Md€ de résultat net, Vinci gagne presque autant que les neuf autres groupes réunis. La raison tient en un mot : concessions. Autoroutes et aéroports transforment un métier de marges fines en machine à cash-flow (7 Md€ de flux libre en 2025, un record). Eiffage applique la même recette à plus petite échelle : ses concessions (APRR en tête) dégagent 43 % de marge et financent le développement des travaux.
ACS signe la plus forte croissance du panel, portée par Turner. +19,7 % de CA en 2025 : la filiale américaine de bâtiment (ventes +34 %, bénéfice avant impôts +62 %) et la vague des data centers expliquent l'essentiel. Le carnet de 92,9 Md€ donne près de deux ans de visibilité. Hochtief, qui porte cette dynamique côté allemand, a dépassé sa propre guidance avec un résultat net opérationnel à +26 %.
Les belges sont les surprises positives du panel. BESIX a plus que doublé son résultat net (42 M€) et gonflé son carnet de +61 % à 8,2 Md€, un record porté par le Moyen-Orient. CFE, recentrée depuis la scission de DEME, améliore son résultat opérationnel de +40 % et bascule en trésorerie nette positive. Deux profils petits mais assainis, sur un marché belge que Nexelys suit en parallèle des trois grands voisins.
Derrière les Md€ de chiffre d'affaires, c'est la profondeur du carnet de commandes et le modèle opérationnel (concessionnaire, contractant, industriel) qui conditionnent la résilience face au cycle.
Le concessionnaire-constructeur (Vinci, Eiffage, Ferrovial). Les travaux nourrissent les concessions, qui sécurisent les revenus sur des décennies. Le carnet de travaux représente environ un an d'activité (~11 mois chez Vinci, ~17 mois sur le périmètre travaux d'Eiffage), mais le vrai amortisseur de cycle est ailleurs : dans les péages et les redevances aéroportuaires.
Le contractant mondialisé (ACS, Hochtief, BESIX). Pas ou peu de concessions, mais des carnets très profonds : près de deux ans de CA chez ACS et Hochtief, plus de deux ans chez BESIX. La rentabilité unitaire est plus fine (4 à 6 %), compensée par le volume et la sélectivité croissante des projets (data centers, défense, infrastructures publiques).
L'industriel de la préfabrication (Goldbeck). Concevoir, produire en usine, monter sur site : le modèle « produit » de Goldbeck en fait davantage un industriel qu'une entreprise de BTP classique. Résultat : des délais et des coûts maîtrisés qui séduisent les clients logistiques et tertiaires, et des entrées de commandes record (7 Md€) malgré un marché allemand difficile. C'est aussi le modèle le plus exposé à la conjoncture industrielle, que Nexelys suit via les climats des affaires allemands.
Huit groupes cotés, deux groupes non cotés, un contrôle croisé hispano-allemand : la structure du capital raconte autant que les cours. Et une anomalie apparente : Ferrovial vaut plus cher qu'ACS avec un chiffre d'affaires cinq fois plus petit.
| Indicateur | Vinci | ACS | Bouygues | Hochtief | Eiffage | Ferrovial | Acciona | Goldbeck | BESIX | CFE |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Capitalisation (Md€, juin 2026) | ~74 | ~32 | ~21 | ~36 | ~13 | ~41 | ~13,6 | non coté | non coté | cotée, small cap |
| Place de cotation | Euronext Paris (CAC 40) | BME Madrid (IBEX 35) | Euronext Paris (CAC 40) | Deutsche Börse (MDAX) | Euronext Paris (CAC 40 depuis fin 2025) | Nasdaq + Euronext + BME | BME Madrid (IBEX 35) | n/a | n/a | Euronext Bruxelles |
| Actionnariat de référence | flottant + actionnariat salarié | Florentino Pérez (fondateur-président) + flottant | SCDM (famille Bouygues) | ACS ~77,5 % | flottant + actionnariat salarié | famille del Pino | famille Entrecanales | famille Goldbeck (100 %) | capital privé belge | Ackermans & van Haaren ~62 % |
| Dividende annoncé (par action) | voir AG 2026 | voir AG 2026 | 2,10 € (+5 %) | 6,60 € (+26 %) | 4,80 € (vs 4,70 €) | dividendes + rachats (501 M€) | 5,65 € (+7,6 %) | n/a | n/a | N.C. |
Ferrovial vaut plus cher qu'ACS avec cinq fois moins de chiffre d'affaires. ~41 Md€ de capitalisation contre ~32 Md€, pour 9,6 Md€ de CA contre 49,8. L'explication : le marché valorise les actifs d'infrastructure (407 ETR canadien, managed lanes texanes, terminal JFK) comme des rentes de très long terme, et le contracting comme un métier à marge fine. La leçon vaut pour tout le secteur : un euro de péage vaut plusieurs euros de chantier.
Bouygues subit la décote du conglomérat. ~21 Md€ de capitalisation pour 56,9 Md€ de CA : le marché peine à valoriser l'assemblage construction + Equans + télécoms + médias. La création de la Division Construction en janvier 2026 et le désendettement spectaculaire (dette nette de 6,1 à 4,2 Md€) sont précisément des réponses à cette décote.
Le capital du BTP européen reste très familial. Familles Bouygues, del Pino, Entrecanales, Goldbeck, holding Ackermans & van Haaren chez CFE, Florentino Pérez chez ACS : la moitié du panel est contrôlée ou fortement influencée par un actionnaire de référence de long terme. Une particularité sectorielle qui favorise les stratégies patientes (concessions, préfabrication) mais peut freiner les consolidations.
Le BTP pèse lourd dans les émissions européennes, par ses chantiers comme par ses matériaux. CSRD, taxonomie et trajectoires SBTi transforment progressivement les engagements climat en critères d'attribution des marchés.
| Acteur | Objectif climat affiché | Résultats publiés |
|---|---|---|
| Vinci | Trajectoire validée SBTi : −40 % scopes 1+2 d'ici 2030 (vs 2018), −20 % scope 3 (vs 2019) | Émissions directes −21 % vs 2018 (au 31/12/2024) |
| ACS | Net Zero 2045 ; scope 1 −35 % d'ici 2030, scope 2 −60 % | Cible 2025 : 45 % des ventes d'infrastructures avec certification durable |
| Bouygues | Réduction en absolu et en intensité, suivie annuellement | 19,5 Mt CO₂ fin 2025 : −7 % en absolu, −8 % en intensité sur l'année |
| Hochtief | Net zéro visé en 2045 (toutes scopes) | Présent dans les indices DJ Sustainability World et FTSE4Good |
| Eiffage | Stratégie bas carbone détaillée dans son rapport de durabilité | Non repris dans le communiqué de résultats 2025 |
| Ferrovial | Net Zero d'ici 2050, aligné 1,5 °C, validation SBTi obtenue en février 2025 | Scopes 1+2 −35,8 % vs 2020 ; scope 3 −18,1 % vs 2020 (à fin 2024) |
| Acciona | Décarbonation au cœur du modèle (plan directeur durabilité) | 98,2 % du CAPEX 2025 aligné taxonomie UE (objectif > 90 %), parmi les plus élevés du secteur |
| Goldbeck | Durabilité mise en avant (préfabrication = moins de déchets et de transports) | Pas de cible net zéro datée publiée |
| BESIX | Alignement CSRD en cours | CO₂ Performance Ladder niveau 5 maintenu sur les opérations européennes |
| CFE | Engagements détaillés dans le rapport annuel 2025 | Non quantifiés dans le communiqué de résultats |
Acciona a fait du climat son modèle d'affaires, pas un chapitre de rapport. 98,2 % de CAPEX aligné taxonomie : le groupe investit presque exclusivement dans des actifs « verts » au sens européen (renouvelables, eau, infrastructures durables). C'est l'avantage du positionnement choisi il y a quinze ans, quand le groupe a basculé vers les renouvelables.
Vinci et Ferrovial ont les trajectoires les plus instrumentées. Validation SBTi, jalons datés, résultats intermédiaires publiés (−21 % chez Vinci vs 2018, −35,8 % chez Ferrovial vs 2020 sur les scopes 1+2) : les deux groupes traitent le carbone comme un indicateur de gestion, pas comme une communication. Les non-cotés (Goldbeck, BESIX) publient moins, sans qu'on puisse en conclure qu'ils font moins : la préfabrication de Goldbeck est intrinsèquement sobre en déchets et en transports.
Pour chaque acteur : forces, faiblesses, trajectoire 2026, et le point de vigilance clé pour un donneur d'ordre, un investisseur ou un partenaire.
Cinq dimensions, dix acteurs, une lecture transversale. Notation Nexelys de 1 à 5 étoiles basée sur les données publiques analysées, dont une dimension dédiée à la présence dans les 4 pays que nous suivons.
| Acteur | Solidité financière | Taille / échelle | Présence 4 pays | Stratégie ESG | Potentiel croissance |
|---|---|---|---|---|---|
| Vinci | |||||
| ACS | |||||
| Bouygues | |||||
| Hochtief | |||||
| Eiffage | |||||
| Ferrovial | |||||
| Acciona | |||||
| Goldbeck | |||||
| BESIX | |||||
| CFE |
Ce benchmark s'appuie sur les communiqués de résultats annuels 2025 des groupes cotés, publiés entre le 6 et le 26 février 2026 (Vinci le 6 février ; Hochtief le 19 février ; ACS, Ferrovial, Acciona et CFE les 25-26 février ; Bouygues et Eiffage le 26 février), complétés par les rapports annuels et les présentations investisseurs accessibles publiquement. Pour les groupes non cotés, les derniers comptes publics disponibles sont utilisés et signalés : exercice 2024/25 pour Goldbeck (clos au 31 mars 2025), exercice 2024 pour BESIX (publié en mai 2025).
Les périmètres sont précisés partout où ils diffèrent : ACS consolide Hochtief (leurs chiffres ne s'additionnent donc pas) ; Bouygues est présenté au niveau groupe avec le détail de sa Division Construction (~28 Md€) ; le carnet de Vinci au 31 décembre 2025 est approché à partir du chiffre officiel de 74,9 Md€ au 31 mars 2026 (+7 % depuis fin 2025). Les chiffres en « ~ » sont des approximations issues des communications publiques ; les mentions « N.C. » signalent une donnée non publiée. Les capitalisations boursières sont des valeurs de marché de juin 2026, par nature fluctuantes. La grille de présence par pays s'appuie sur les sites et publications officiels des groupes : les présences signalées « non confirmé » n'ont pas pu être établies à partir de sources publiques à la date de publication.
Ce benchmark offre une photographie à date des majors du BTP européen. Pour anticiper les mouvements du secteur 3, 6 et 12 mois à l'avance, Nexelys publie chaque mois un dashboard Construction couvrant la France, l'Allemagne, l'Espagne et la Belgique :