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Benchmark sectoriel • Construction

Benchmark 2026 : les majors du BTP européen entre concessions, data centers et grand large américain

Vinci, ACS, Bouygues, Hochtief, Eiffage, Ferrovial, Acciona, Goldbeck, BESIX, CFE : 10 groupes majeurs de la construction européenne analysés sous 5 angles : financier, opérationnel, bourse, ESG et présence dans les 4 pays couverts par Nexelys (France, Allemagne, Espagne, Belgique). Données publiques, résultats annuels 2025.

10
groupes analysés
~0 Md€
de CA construction cumulé 2025
~0 Md€
de carnets de commandes cumulés
FR·DE·ES·BE
présence détaillée pays par pays
Section 1 · Contexte

Un secteur dont la croissance se joue de plus en plus loin de ses chantiers domestiques

Crédit qui redémarre lentement en Europe, commandes américaines records, ruée vers les data centers, exigences carbone : quatre forces qui redessinent la hiérarchie des majors du BTP. Avant la comparaison détaillée, cadrons les enjeux.

En Europe, la reprise du bâtiment reste progressive et inégale selon les pays. La détente des taux engagée par la BCE depuis 2024 a relancé la production de crédit immobilier et les autorisations de construire repartent dans plusieurs marchés, mais la construction neuve reste en retrait de son niveau d'avant 2022 dans la plupart des pays. Résultat : les majors qui ne dépendent que de leur marché domestique européen affichent des croissances modestes, tandis que celles qui se sont diversifiées (géographiquement ou vers l'énergie et les concessions) signent des exercices 2025 records.

L'Amérique du Nord est devenue le premier moteur de croissance des majors européennes. ACS réalise environ 61 à 63 % de son chiffre d'affaires en Amérique du Nord, grâce à sa filiale américaine Turner (ventes +34 % en 2025) ; Hochtief, sa filiale allemande, y consacre l'essentiel de son carnet ; Ferrovial tire sa valorisation de ses autoroutes texanes et canadiennes. Côté français, Vinci pousse Cobra IS (+13 %) et son carnet international, et Eiffage signe +16,6 % en Europe hors France. Le grand écart est net : la croissance se fait à l'export, la base reste européenne.

Les data centers sont le nouveau champ de bataille du secteur. Chez Hochtief, l'infrastructure numérique représente déjà 16,8 Md€ de carnet, soit 21 % du total. Chez ACS, les commandes liées au numérique ont quasiment triplé en un an, avec notamment un projet de data center d'environ 6 Md$ en Pennsylvanie. Cette vague d'investissement, ajoutée aux programmes d'infrastructures et de défense, explique pourquoi les carnets de commandes des majors atteignent des niveaux records alors même que le bâtiment résidentiel européen reste convalescent.

🏗️
Carnets de commandes records
ACS à 92,9 Md€ (+5,3 %), Hochtief à 72,5 Md€ (record historique), BESIX à 8,2 Md€ (+61 %) : la visibilité du secteur n'a jamais été aussi élevée.
L'énergie change la nature des groupes
Vinci réalise ~30 Md€ dans les services à l'énergie (Vinci Energies, Cobra IS), Bouygues s'appuie sur Equans, Acciona sur les renouvelables : les « constructeurs » sont devenus des énergéticiens de services.
🌱
Le carbone filtre les appels d'offres
CSRD, taxonomie européenne, trajectoires SBTi : les donneurs d'ordre publics et privés intègrent l'empreinte carbone dans leurs critères. Acciona affiche 98,2 % de CAPEX aligné taxonomie, un record sectoriel.
Section 2 · Panorama

Dix groupes, dix modèles

Concessionnaire-constructeur intégré, contractant mondialisé tourné vers l'Amérique, conglomérat en réorganisation, champion des renouvelables, industriel de la préfabrication, géant belge tourné vers le Golfe, pure player bruxellois recentré : le panel couvre l'éventail complet des modèles de la construction européenne, dans les 4 pays suivis par Nexelys.

Vinci
Euronext Paris · DG · France
CA 202574,6 Md€ (+4 %)
FocusConcessions, énergie, construction
Effectif~285 000
Présence FR·DE·ES·BELes 4 pays
« La machine à cash des concessions », marge opérationnelle de 12,7 % et cash-flow libre record de 7 Md€.
Détails ↓
ACS
BME Madrid · ACS · Espagne
CA 202549,8 Md€ (+19,7 %)
FocusConstruction mondiale, data centers (Turner, Hochtief, Dragados)
Effectif~183 000 (avec Hochtief)
Présence FR·DE·ES·BEES · DE (via Hochtief)
« L'Amérique comme moteur », ~61-63 % du CA en Amérique du Nord et un carnet géant de 92,9 Md€.
Détails ↓
Bouygues
Euronext Paris · EN · France
CA 202556,9 Md€ groupe, dont ~28 constr.
FocusDivision Construction (Colas, Bouygues Constr., Immobilier) + Equans
Effectif constr.~97 000
Présence FR·DE·ES·BEFR · DE · BE (ES marginal)
« Le conglomérat se réorganise », Division Construction créée au 1er janvier 2026, dette nette réduite de 6,1 à 4,2 Md€.
Détails ↓
Hochtief
Deutsche Börse · HOT · Allemagne
CA 202538,2 Md€ (+14,8 %)
FocusAmériques (Turner), Australie (CIMIC), data centers
Effectif61 519
Présence FR·DE·ES·BEDE (BE marginal)
« Champion allemand sous pavillon espagnol », détenu à ~77,5 % par ACS, data centers = 21 % du carnet.
Détails ↓
Eiffage
Euronext Paris · FGR · France
CA 202525,3 Md€ (+8 %)
FocusTravaux + concessions (APRR)
Effectif~78 000 (historique)
Présence FR·DE·ES·BELes 4 pays
« L'Europe comme relais », +16,6 % en Europe hors France et une entrée au CAC 40 fin 2025.
Détails ↓
Ferrovial
Nasdaq · Euronext · BME · FER
CA 20259,6 Md€ (+8,6 %)
FocusAutoroutes nord-américaines, construction, aéroports
Effectif~25 500
Présence FR·DE·ES·BEES (FR ponctuel)
« Plus petit, mieux valorisé », ~40,8 Md€ de capitalisation : le marché paie les autoroutes US et le 407 ETR canadien.
Détails ↓
Acciona
BME Madrid · ANA · Espagne
CA 202520,2 Md€ (+5 %)
FocusInfrastructures + énergies renouvelables (Acciona Energía, Nordex)
Effectif~68 500
Présence FR·DE·ES·BEES (FR·DE énergie)
« Le pari du vert », résultat net +90 % et 98,2 % du CAPEX aligné sur la taxonomie européenne.
Détails ↓
Goldbeck
Non coté · familial · Allemagne
CA 2024/256,3 Md€ (−1,6 %)
FocusConstruction industrialisée clés en main (logistique, bureaux, parkings)
Effectif> 13 000
Présence FR·DE·ES·BEDE · FR (GSE) · BE
« L'usine à bâtiments », préfabrication systématisée et entrées de commandes record à 7 Md€.
Détails ↓
BESIX Group
Non coté · Belgique
CA 20243,45 Md€ (+1,7 %)
FocusGrands ouvrages, Moyen-Orient (Six Construct), immobilier
Effectif~12 000
Présence FR·DE·ES·BEBE · FR
« Le géant discret », carnet +61 % à 8,2 Md€, du port de NEOM à la gare Saint-Denis Pleyel.
Détails ↓
CFE
Euronext Bruxelles · CFEB · Belgique
CA 20251,04 Md€ (en repli)
FocusConstruction-rénovation, multitechnique, immobilier (BE·LU·PL)
Effectif~2 990
Présence FR·DE·ES·BEBE (DE émergent)
« Recentré post-DEME », résultat opérationnel +40 % et bascule en trésorerie nette positive.
Détails ↓
Section 3 · Présence 4 pays

Qui est présent où ? La grille France · Allemagne · Espagne · Belgique

Nexelys suit la conjoncture de la construction dans 4 pays : France, Allemagne, Espagne et Belgique. Pour chaque major, voici sa présence opérationnelle réelle dans ces 4 marchés, avec l'entité qui la porte. La présence s'entend au sens large du groupe : construction, route, énergie et services.

Groupe 🇫🇷 France 🇩🇪 Allemagne 🇪🇸 Espagne 🇧🇪 Belgique
Vinci Marché domestiqueVinci Construction, Vinci Energies, concessions (autoroutes, aéroports) Oui · 2e marché~5,6 Md€ de CA 2024 : Vinci Energies Allemagne (~3,4 Md€, 16 600 pers.), Eurovia GmbH, Cobra IS OuiCobra IS (~3,2 Md€ de CA 2025), rachetée à ACS en 2021 OuiVinci Energies Belgium (~766 M€, ~2 900 pers., 15 marques dont Cegelec, Actemium)
ACS MarginalChantiers Dragados ponctuels (transfrontaliers) ; pas de filiale permanente confirmée Oui · via HochtiefHochtief, détenu à ~77,5 % (Stuttgart 21, data centers, infrastructures) Marché domestiqueDragados (construction), Clece (services) MarginalPrésence indirecte via Dornan (groupe Turner/Hochtief, site de Mons, data centers)
Bouygues Marché domestiqueBouygues Construction, Colas, Equans France, Bouygues Immobilier OuiEquans (Kraftanlagen Gruppe) ; Colas (rachat des activités route de Frauenrath en 2026, Colas Rail) MarginalEquans présent (ex. Pierre Guérin Iberica) mais pas un cœur de marché OuiEquans Belgium (ex-Fabricom), position de premier plan ; Colas Belgium
Hochtief MarginalPas de filiale construction directe confirmée ; exposition via ~20 % d'Abertis (concessions) Marché domestiqueStuttgart 21 (tunnel Bad Cannstatt), data centers, infrastructures IndirectMaison-mère ACS basée à Madrid ; pas de marque Hochtief sur les chantiers espagnols MarginalVia Dornan (data centers, site de Mons ouvert en 2024)
Eiffage Marché domestiqueConstruction, route, Énergie Systèmes, métal, concessions (APRR) Oui~5 400 pers., 40+ sites : Eiffage Énergie Systèmes (Elomech, Schwarz, Grantz, Nat) Oui · depuis 1979Eiffage Energía (5 600 pers.), Eiffage Infraestructuras (enrobés, 25 centrales), Eiffage Metal OuiEiffage Benelux, ~15 filiales (Valens, Smulders, etc.)
Ferrovial PonctuelContrat ligne 16 du métro du Grand Paris (~438 M€) ; pas de filiale permanente de masse MarginalVia Budimex (Pologne), ~3,7 % de son CA en Allemagne ; pas de présence directe significative Marché domestiqueFerrovial Construcción (ex-Agroman) ; siège social transféré aux Pays-Bas en 2023 Non confirméAucune activité opérationnelle confirmée
Acciona Marginal · énergieServices d'efficacité énergétique (Eqinov, racheté en 2022) ; actionnaire d'Eolink (éolien flottant) Marginal · énergieProjets renouvelables et services ; Nordex (turbines) est basée à Hambourg ; pas de construction lourde courante confirmée Marché domestiqueAcciona Construcción, Acciona Energía, immobilier Non confirméPas de bureau ni de projet confirmé
Goldbeck Oui · via GSEGSE (rachetée en 2019), contractant global en immobilier d'entreprise, 12 implantations Marché domestiqueSiège à Bielefeld, production préfabriquée en propre, 90+ sites Via GSECouverte par le périmètre sud de GSE ; pas de marque Goldbeck propre OuiOpère comme contractant local en Belgique
BESIX OuiBESIX France : gare Saint-Denis Pleyel du Grand Paris Express (~100 M€, livrée en 2024) Non confirméPas de filiale ni de chantier allemand confirmé MarginalPrésence historique + BESIX RED (immobilier) ; pas d'activité construction courante confirmée Marché domestiqueSiège à Bruxelles : Vanhout, Wust, Cobelba, Jacques Delens, BESIX Infra
CFE Non confirméPas d'activité opérationnelle confirmée (la participation de Vinci au capital n'est pas une présence) ÉmergentCFE Bau, contractant général lancé en 2021, présence encore limitée Non confirméAucune activité confirmée Marché domestiqueConstruction-rénovation, multitechnique (VMA, MOBIX), immobilier (BPI) ; cœur BE·LU·PL post-scission DEME (2022)
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Ce que dit la grille

Seuls Vinci et Eiffage réalisent le « grand chelem » des 4 pays. Les deux groupes français combinent un marché domestique profond, des filiales énergie puissantes en Allemagne et en Belgique, et un ancrage espagnol historique (Cobra IS pour Vinci, Eiffage Energía depuis 1979). C'est un avantage stratégique réel : leur croissance européenne ne dépend pas d'un seul cycle national, exactement la logique que Nexelys applique en suivant ces 4 conjonctures en parallèle.

Les espagnols regardent l'Amérique plus que l'Europe. ACS, Ferrovial et Acciona sont étonnamment peu présents en France, en Allemagne et en Belgique en dehors de leurs filiales spécialisées : leur expansion passe par les États-Unis, le Canada et l'Australie. Symbole fort : ACS a vendu Cobra (son réseau européen d'énergie) à Vinci en 2021 pour financer son virage américain. L'Europe du Nord-Ouest reste donc un terrain franco-allemand-belge.

Attention aux périmètres croisés. Cobra IS appartient à Vinci depuis 2021 (et non plus à ACS) ; Hochtief est consolidé dans les comptes d'ACS ; Equans porte l'essentiel de la présence belge et allemande de Bouygues. Pour comparer les groupes pays par pays, il faut raisonner en entités opérationnelles, pas en marques historiques : c'est ce que fait cette grille.

Section 4 · Financier

Des marges de 4 % à 43 % : deux métiers qui ne se ressemblent pas

Le contracting pur dégage 4 à 6 % de marge ; les concessions en dégagent dix fois plus. La hiérarchie des résultats 2025 reflète d'abord le mix d'activités de chaque groupe, ensuite seulement la conjoncture.

Indicateur Vinci ACS Bouygues Hochtief Eiffage Ferrovial Acciona Goldbeck* BESIX* CFE
CA (Md€) 74,6 (+4 %) 49,8 (+19,7 %) 56,9 (groupe) 38,2 (+14,8 %) 25,3 (+8 %) 9,6 (+8,6 %) 20,2 (+5 %) 6,3 (−1,6 %) 3,45 (+1,7 %) 1,04 (repli)
Rentabilité opérationnelle 9,56 Md€ · 12,7 % EBITDA 3,07 Md€ · ~6 % 2,66 Md€ · 4,7 % EBITDA 2,2 Md€ · 5,8 % 2,6 Md€ (concessions 43 %) EBITDA aj. 1,46 Md€ EBITDA 3,21 Md€ (+31 %) N.C. (privé) EBITDA aj. 150 M€ · ~4,3 % EBIT 44,9 M€ (+40 %)
Résultat net pdg (M€) 4 900 950 1 138 902 1 020 888 803 (+90 %) N.C. (privé) 42 (×2,3) 33,5
Carnet de commandes (Md€) ~70 (74,9 au 31/03/2026) 92,9 (+5,3 %) 32,0 72,5 (record) 29,9 (travaux) 17,4 (construction) infra +6 % (montant n.c.) 7,0 (entrées, record) 8,2 (+61 %) 1,63
Effectifs ~285 000 ~183 000 ~97 000 (constr.) 61 519 ~78 000 ~25 500 ~68 500 > 13 000 ~12 000 ~2 990
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* Goldbeck : exercice 2024/25 (clos au 31 mars 2025) ; BESIX : exercice 2024, derniers comptes publics disponibles. Tous les autres : exercice 2025. ACS consolide Hochtief : ne pas additionner leurs lignes.

Ce que dit le tableau

Vinci joue dans une autre catégorie de rentabilité. Avec 12,7 % de marge opérationnelle sur activité et 4,9 Md€ de résultat net, Vinci gagne presque autant que les neuf autres groupes réunis. La raison tient en un mot : concessions. Autoroutes et aéroports transforment un métier de marges fines en machine à cash-flow (7 Md€ de flux libre en 2025, un record). Eiffage applique la même recette à plus petite échelle : ses concessions (APRR en tête) dégagent 43 % de marge et financent le développement des travaux.

ACS signe la plus forte croissance du panel, portée par Turner. +19,7 % de CA en 2025 : la filiale américaine de bâtiment (ventes +34 %, bénéfice avant impôts +62 %) et la vague des data centers expliquent l'essentiel. Le carnet de 92,9 Md€ donne près de deux ans de visibilité. Hochtief, qui porte cette dynamique côté allemand, a dépassé sa propre guidance avec un résultat net opérationnel à +26 %.

Les belges sont les surprises positives du panel. BESIX a plus que doublé son résultat net (42 M€) et gonflé son carnet de +61 % à 8,2 Md€, un record porté par le Moyen-Orient. CFE, recentrée depuis la scission de DEME, améliore son résultat opérationnel de +40 % et bascule en trésorerie nette positive. Deux profils petits mais assainis, sur un marché belge que Nexelys suit en parallèle des trois grands voisins.

Section 5 · Opérationnel

Carnets, effectifs, modèles : le vrai différenciant

Derrière les Md€ de chiffre d'affaires, c'est la profondeur du carnet de commandes et le modèle opérationnel (concessionnaire, contractant, industriel) qui conditionnent la résilience face au cycle.

Carnets de commandes (Md€, dernier publié)
ACS
92,9
Hochtief
72,5
Vinci
~70
Bouygues
32,0
Eiffage
29,9
Ferrovial
17,4
BESIX
8,2
Goldbeck
7,0
CFE
1,63
Effectifs (milliers de salariés)
Vinci
~285
ACS
~183
Bouygues (constr.)
~97
Eiffage
~78
Acciona
~68,5
Hochtief
61,5
Ferrovial
~25,5
Goldbeck
> 13
BESIX
~12
CFE
~3

Trois modèles opérationnels

Le concessionnaire-constructeur (Vinci, Eiffage, Ferrovial). Les travaux nourrissent les concessions, qui sécurisent les revenus sur des décennies. Le carnet de travaux représente environ un an d'activité (~11 mois chez Vinci, ~17 mois sur le périmètre travaux d'Eiffage), mais le vrai amortisseur de cycle est ailleurs : dans les péages et les redevances aéroportuaires.

Le contractant mondialisé (ACS, Hochtief, BESIX). Pas ou peu de concessions, mais des carnets très profonds : près de deux ans de CA chez ACS et Hochtief, plus de deux ans chez BESIX. La rentabilité unitaire est plus fine (4 à 6 %), compensée par le volume et la sélectivité croissante des projets (data centers, défense, infrastructures publiques).

L'industriel de la préfabrication (Goldbeck). Concevoir, produire en usine, monter sur site : le modèle « produit » de Goldbeck en fait davantage un industriel qu'une entreprise de BTP classique. Résultat : des délais et des coûts maîtrisés qui séduisent les clients logistiques et tertiaires, et des entrées de commandes record (7 Md€) malgré un marché allemand difficile. C'est aussi le modèle le plus exposé à la conjoncture industrielle, que Nexelys suit via les climats des affaires allemands.

Section 6 · Bourse

Le marché paie les péages, pas les grues

Huit groupes cotés, deux groupes non cotés, un contrôle croisé hispano-allemand : la structure du capital raconte autant que les cours. Et une anomalie apparente : Ferrovial vaut plus cher qu'ACS avec un chiffre d'affaires cinq fois plus petit.

Indicateur Vinci ACS Bouygues Hochtief Eiffage Ferrovial Acciona Goldbeck BESIX CFE
Capitalisation (Md€, juin 2026) ~74 ~32 ~21 ~36 ~13 ~41 ~13,6 non coté non coté cotée, small cap
Place de cotation Euronext Paris (CAC 40) BME Madrid (IBEX 35) Euronext Paris (CAC 40) Deutsche Börse (MDAX) Euronext Paris (CAC 40 depuis fin 2025) Nasdaq + Euronext + BME BME Madrid (IBEX 35) n/a n/a Euronext Bruxelles
Actionnariat de référence flottant + actionnariat salarié Florentino Pérez (fondateur-président) + flottant SCDM (famille Bouygues) ACS ~77,5 % flottant + actionnariat salarié famille del Pino famille Entrecanales famille Goldbeck (100 %) capital privé belge Ackermans & van Haaren ~62 %
Dividende annoncé (par action) voir AG 2026 voir AG 2026 2,10 € (+5 %) 6,60 € (+26 %) 4,80 € (vs 4,70 €) dividendes + rachats (501 M€) 5,65 € (+7,6 %) n/a n/a N.C.
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Lecture des valorisations

Ferrovial vaut plus cher qu'ACS avec cinq fois moins de chiffre d'affaires. ~41 Md€ de capitalisation contre ~32 Md€, pour 9,6 Md€ de CA contre 49,8. L'explication : le marché valorise les actifs d'infrastructure (407 ETR canadien, managed lanes texanes, terminal JFK) comme des rentes de très long terme, et le contracting comme un métier à marge fine. La leçon vaut pour tout le secteur : un euro de péage vaut plusieurs euros de chantier.

Bouygues subit la décote du conglomérat. ~21 Md€ de capitalisation pour 56,9 Md€ de CA : le marché peine à valoriser l'assemblage construction + Equans + télécoms + médias. La création de la Division Construction en janvier 2026 et le désendettement spectaculaire (dette nette de 6,1 à 4,2 Md€) sont précisément des réponses à cette décote.

Le capital du BTP européen reste très familial. Familles Bouygues, del Pino, Entrecanales, Goldbeck, holding Ackermans & van Haaren chez CFE, Florentino Pérez chez ACS : la moitié du panel est contrôlée ou fortement influencée par un actionnaire de référence de long terme. Une particularité sectorielle qui favorise les stratégies patientes (concessions, préfabrication) mais peut freiner les consolidations.

Section 7 · ESG

Décarboner le béton : promesses datées et premiers résultats

Le BTP pèse lourd dans les émissions européennes, par ses chantiers comme par ses matériaux. CSRD, taxonomie et trajectoires SBTi transforment progressivement les engagements climat en critères d'attribution des marchés.

Acteur Objectif climat affiché Résultats publiés
VinciTrajectoire validée SBTi : −40 % scopes 1+2 d'ici 2030 (vs 2018), −20 % scope 3 (vs 2019)Émissions directes −21 % vs 2018 (au 31/12/2024)
ACSNet Zero 2045 ; scope 1 −35 % d'ici 2030, scope 2 −60 %Cible 2025 : 45 % des ventes d'infrastructures avec certification durable
BouyguesRéduction en absolu et en intensité, suivie annuellement19,5 Mt CO₂ fin 2025 : −7 % en absolu, −8 % en intensité sur l'année
HochtiefNet zéro visé en 2045 (toutes scopes)Présent dans les indices DJ Sustainability World et FTSE4Good
EiffageStratégie bas carbone détaillée dans son rapport de durabilitéNon repris dans le communiqué de résultats 2025
FerrovialNet Zero d'ici 2050, aligné 1,5 °C, validation SBTi obtenue en février 2025Scopes 1+2 −35,8 % vs 2020 ; scope 3 −18,1 % vs 2020 (à fin 2024)
AccionaDécarbonation au cœur du modèle (plan directeur durabilité)98,2 % du CAPEX 2025 aligné taxonomie UE (objectif > 90 %), parmi les plus élevés du secteur
GoldbeckDurabilité mise en avant (préfabrication = moins de déchets et de transports)Pas de cible net zéro datée publiée
BESIXAlignement CSRD en coursCO₂ Performance Ladder niveau 5 maintenu sur les opérations européennes
CFEEngagements détaillés dans le rapport annuel 2025Non quantifiés dans le communiqué de résultats
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Leaders, challengers, discrets

Acciona a fait du climat son modèle d'affaires, pas un chapitre de rapport. 98,2 % de CAPEX aligné taxonomie : le groupe investit presque exclusivement dans des actifs « verts » au sens européen (renouvelables, eau, infrastructures durables). C'est l'avantage du positionnement choisi il y a quinze ans, quand le groupe a basculé vers les renouvelables.

Vinci et Ferrovial ont les trajectoires les plus instrumentées. Validation SBTi, jalons datés, résultats intermédiaires publiés (−21 % chez Vinci vs 2018, −35,8 % chez Ferrovial vs 2020 sur les scopes 1+2) : les deux groupes traitent le carbone comme un indicateur de gestion, pas comme une communication. Les non-cotés (Goldbeck, BESIX) publient moins, sans qu'on puisse en conclure qu'ils font moins : la préfabrication de Goldbeck est intrinsèquement sobre en déchets et en transports.

Section 8 · Positionnement

Dix stratégies, dix équations risque / rendement

Pour chaque acteur : forces, faiblesses, trajectoire 2026, et le point de vigilance clé pour un donneur d'ordre, un investisseur ou un partenaire.

VinciDG
+

Forces

  • Mix concessions + énergie + construction : marge opérationnelle de 12,7 %, inégalée dans le panel.
  • Cash-flow libre record de 7 Md€ en 2025, capacité d'investissement intacte.
  • Seul groupe (avec Eiffage) opérationnellement présent en force dans les 4 pays suivis par Nexelys.
  • Cobra IS (+13 %) et Vinci Energies portent la croissance des services à l'énergie (~30 Md€).

Faiblesses

  • Croissance de la construction limitée (+1 % en 2025) : le métier historique stagne.
  • Surtaxe fiscale française : ~449 M€ de contribution exceptionnelle prélevés sur le résultat 2025.
  • Concessions autoroutières françaises en fin de cycle : la question du renouvellement reste ouverte.

Stratégie 2026

  • Pousser l'international : carnet record de 74,9 Md€ au 31 mars 2026, porté par l'Allemagne, le Brésil et l'Australie.
  • Accélérer sur la transition énergétique et les infrastructures stratégiques via Cobra IS et Vinci Energies.
  • Poursuivre la diversification des concessions vers les aéroports internationaux.

Point de vigilance

  • La rentabilité du groupe repose sur les concessions : toute évolution défavorable du cadre français (fiscalité, fin de concessions autoroutières sans renouvellement) toucherait le cœur du modèle, bien plus qu'un ralentissement du bâtiment.
ACSACS
+

Forces

  • Croissance la plus forte du panel : +19,7 % de CA en 2025, tirée par Turner (+34 %).
  • Carnet géant de 92,9 Md€, près de deux ans de visibilité.
  • Position dominante sur les data centers : commandes numériques quasi triplées en un an.
  • Caisse nette positive fin 2025 malgré 1,7 Md€ d'investissements.

Faiblesses

  • Marge fine (~6 % d'EBITDA) : le volume compense, la rentabilité unitaire reste celle du contracting pur.
  • Forte dépendance au dollar et au cycle d'investissement américain (~61-63 % du CA).
  • Présence européenne hors Espagne réduite depuis la cession de Cobra à Vinci (2021).

Stratégie 2026

  • Surfer la vague des data centers américains (projet d'environ 6 Md$ en Pennsylvanie, partenariat avec GIP).
  • Monter en valeur : développement d'actifs numériques en propre, plus seulement en construction pour compte de tiers.
  • Intégration de Dornan (ingénierie) pour les data centers européens.

Point de vigilance

  • Le pari data centers concentre le risque : si le cycle d'investissement IA ralentit ou si les hyperscalers révisent leurs plans, le moteur de croissance d'ACS (et de Hochtief) calerait simultanément des deux côtés de l'Atlantique.
BouyguesEN
+

Forces

  • Désendettement spectaculaire : dette nette ramenée de 6,1 à 4,2 Md€ en un an, cash-flow libre record de 1,8 Md€.
  • Equans en forte progression : +140 M€ de résultat opérationnel, marge à 4,4 %.
  • Présence solide en Belgique (Equans ex-Fabricom) et en Allemagne (Kraftanlagen, Colas), au-delà du marché français.
  • Colas : réseau routier mondial et prises de commandes de 13,7 Md€.

Faiblesses

  • Croissance quasi nulle au niveau groupe (+0,2 %) : tous les moteurs ne tirent pas en même temps.
  • Décote de conglomérat persistante (télécoms et médias dans le même ensemble que la construction).
  • Bouygues Immobilier convalescent : 20 M€ de résultat opérationnel seulement, sur un marché du neuf encore fragile.

Stratégie 2026

  • Faire vivre la Division Construction créée au 1er janvier 2026 (~28 Md€ de CA, ~97 000 collaborateurs) : synergies Colas / Bouygues Construction / Immobilier.
  • Poursuivre la montée en marge d'Equans, relais de croissance principal du groupe.
  • Objectif affiché 2026 : stabilité du résultat opérationnel des activités.

Point de vigilance

  • La réorganisation de janvier 2026 est un test : si la Division Construction ne dégage pas de synergies visibles d'ici 18 mois, la question d'une simplification plus radicale du conglomérat reviendra sur la table.
HochtiefHOT
+

Forces

  • Résultat net opérationnel +26 %, au-dessus de sa propre guidance ; dividende relevé de +26 %.
  • Carnet record de 72,5 Md€, dont 16,8 Md€ de data centers (21 % du total).
  • Triple exposition Amérique du Nord (Turner), Australie (CIMIC), Europe : peu de groupes ont cette géographie.
  • Nouveau segment défense : déjà 2 Md€ de carnet.

Faiblesses

  • Flottant réduit : ACS détient ~77,5 % du capital, la stratégie se décide in fine à Madrid.
  • Paradoxe domestique : champion allemand dont la croissance se fait surtout hors d'Allemagne.
  • Marge EBIT de 4,0 % : la rentabilité du contracting, sans coussin de concessions.

Stratégie 2026

  • Guidance 2026 ambitieuse : résultat net opérationnel attendu entre 950 M€ et 1,02 Md€ (+20 à +30 %).
  • Doubler la mise sur l'infrastructure numérique et énergétique (data centers, réseaux, défense).
  • Maintenir le rôle de tête de pont européenne et américaine du groupe ACS.

Point de vigilance

  • Même vigilance que pour ACS, amplifiée : avec 21 % du carnet en data centers, Hochtief est l'acteur du panel le plus directement exposé à un retournement du cycle d'investissement numérique.
EiffageFGR
+

Forces

  • Croissance de +8 % en 2025, la plus forte des trois majors françaises, tirée par l'Europe hors France (+16,6 %).
  • Concessions à 43 % de marge (APRR) : un amortisseur de cycle puissant.
  • Présence opérationnelle dans les 4 pays Nexelys, avec un ancrage espagnol depuis 1979 (Eiffage Energía).
  • Entrée au CAC 40 fin décembre 2025 : visibilité et liquidité accrues.

Faiblesses

  • Taille intermédiaire : trois fois plus petit que Vinci, sans l'échelle mondiale d'ACS.
  • Dette financière nette de 8,5 Md€, liée aux concessions : structurelle mais à surveiller en cycle de taux.
  • Résultat net 2025 en très légère baisse publiée (−1,6 %), pénalisé par la fiscalité française.

Stratégie 2026

  • Capitaliser sur l'Europe hors France, devenue le principal moteur (42 % du CA travaux à l'international).
  • Faire monter en marge Eiffage Énergie Systèmes (6,2 %, +40 pb en 2025).
  • Nouvelle amélioration visée du résultat opérationnel et du résultat net en 2026, sur une croissance plus modérée.

Point de vigilance

  • Comme Vinci, Eiffage dépend du couple concessions / fiscalité française : APRR arrive en fin de concession à l'horizon 2035 et les conditions de renouvellement ou de remise en concurrence pèseront lourd dans la valorisation.
FerrovialFER
+

Forces

  • Portefeuille d'autoroutes nord-américaines unique : 407 ETR (revenu par trajet +11,7 %), managed lanes du Texas et de Virginie.
  • 880 M€ de dividendes reçus de ses projets nord-américains en 2025 : le modèle d'infrastructure paie.
  • Carnet construction record (17,4 Md€) et marge construction en hausse (+24 % d'EBIT ajusté).
  • Triple cotation Nasdaq / Euronext / BME : accès direct aux investisseurs américains.

Faiblesses

  • Quasi absent de France, d'Allemagne et de Belgique : l'Europe continentale hors Espagne passe par Budimex (Pologne).
  • Le plus petit CA du panel coté (9,6 Md€) : la valorisation repose sur quelques actifs concentrés.
  • Résultat net 2025 (888 M€) en retrait optique vs 2024, gonflé alors par des plus-values de cessions.

Stratégie 2026

  • Renforcement dans ses actifs stars : +5,06 % du 407 ETR rachetés pour 1,3 Md€ en 2025.
  • Montée en puissance du New Terminal One de JFK (236 M€ injectés en 2025, 25 accords avec des compagnies).
  • Retour aux actionnaires soutenu : 501 M€ de rachats d'actions en 2025.

Point de vigilance

  • La valorisation (~41 Md€) intègre une croissance durable du trafic payant nord-américain : un retournement du cycle automobile américain, ou une régulation des péages dynamiques, toucherait directement la thèse d'investissement.
AccionaANA
+

Forces

  • Résultat net +90 % en 2025 (803 M€), EBITDA +31 % : redressement spectaculaire.
  • Leadership vert incontesté : 98,2 % du CAPEX aligné taxonomie européenne.
  • Nordex redressée : carnet de turbines +26 %, contribution forte aux résultats.
  • Désendettement rapide : dette nette / EBITDA de 2,9x à ~2,2x en un an.

Faiblesses

  • Une partie du bond 2025 vient de plus-values de rotation d'actifs (hors plus-values, EBITDA +9 %).
  • CA d'Acciona Energía en baisse (−4,1 %) : les prix de l'électricité pèsent sur la ligne du haut.
  • Présence quasi nulle dans le nord-ouest européen : rien de confirmé en Belgique, marginal en France et en Allemagne.

Stratégie 2026

  • Poursuivre la rotation d'actifs renouvelables pour financer le pipeline sans alourdir la dette.
  • Croissance des infrastructures (carnet +6 %) et de l'immobilier en complément de l'énergie.
  • Dividende relevé à 5,65 € par action (+7,6 %).

Point de vigilance

  • Le modèle dépend de la valeur de revente des actifs renouvelables : si les taux remontent ou si l'appétit des investisseurs pour les renouvelables faiblit, la rotation d'actifs rapporterait moins et le désendettement ralentirait.
Goldbeckprivé
+

Forces

  • Modèle industriel unique en Europe : conception standardisée, production en usine, montage rapide sur site.
  • Entrées de commandes record (7 Md€) sur un marché allemand pourtant difficile.
  • Présence dans 3 des 4 pays Nexelys : Allemagne (domestique), France (GSE), Belgique (contractant local).
  • Actionnariat familial à 100 % : stabilité et horizon long.

Faiblesses

  • CA en léger repli (−1,6 % sur l'exercice 2024/25) : le modèle n'immunise pas contre le cycle allemand.
  • Opacité financière relative : ni résultat net ni EBITDA publiés (groupe non coté).
  • Très exposé à l'immobilier logistique et tertiaire, segments sensibles aux taux.

Stratégie 2026

  • Diversification des classes d'actifs : écoles, casernes, parkings, résidentiel, au-delà de la logistique.
  • Croissance européenne via GSE (France, Espagne) et les implantations locales (118 sites, 21 pays).
  • Investissement continu dans l'innovation et la durabilité, mis en avant dans le rapport 2024/25.

Point de vigilance

  • Le carnet record contraste avec un CA en repli : la conversion des commandes en production dépendra de la reprise réelle de l'investissement industriel et logistique allemand, que les climats des affaires permettent de suivre mois par mois.
BESIX Groupprivé
+

Forces

  • Carnet record de 8,2 Md€ (+61 %), soit plus de deux ans d'activité.
  • Position unique au Moyen-Orient via Six Construct (depuis 1966) : port de NEOM, Aramco Stadium, musées d'Abu Dhabi.
  • Résultat net multiplié par 2,3 et trésorerie nette positive de 457 M€.
  • Références françaises de premier plan : gare Saint-Denis Pleyel du Grand Paris Express, livrée en 2024.

Faiblesses

  • Marge encore fine (EBITDA ajusté ~4,3 %) malgré le redressement.
  • Pas de présence confirmée en Allemagne, et l'Espagne reste marginale : l'Europe de BESIX, c'est le Benelux et la France.
  • Comptes publiés avec un an de décalage (derniers chiffres : exercice 2024).

Stratégie 2026

  • Exécuter le carnet moyen-oriental record (Arabie saoudite, EAU) en tenant les marges.
  • Équilibrer le portefeuille entre grands ouvrages internationaux et ancrage Benelux (Vanhout, Wust, BESIX Infra).
  • Développer BESIX RED (immobilier) et les concessions / PPP (BESIX Invest).

Point de vigilance

  • Un carnet qui gonfle de +61 % en un an est aussi un risque d'exécution : la capacité à recruter et à livrer les mégaprojets saoudiens dans les délais, avec des marges fines, sera le vrai juge de paix des deux prochains exercices.
CFECFEB
+

Forces

  • Résultat opérationnel +40,3 % et ROE porté de 10,1 % à 13,5 % : la qualité prime sur le volume.
  • Bascule en trésorerie nette positive (+43,8 M€) avec un cash-flow opérationnel record de 113 M€.
  • Actionnaire de référence stable et long terme : Ackermans & van Haaren (~62 %).

Faiblesses

  • CA en repli (1,04 Md€) : moindre activité construction en Belgique et en Pologne, recul de MOBIX.
  • Le plus petit acteur du panel, sans l'envergure internationale de son compatriote BESIX.
  • Périmètre limité à la Belgique, au Luxembourg et à la Pologne depuis la scission de DEME (2022).

Stratégie 2026

  • Sélectivité des projets : préférer la marge au volume, comme le montre l'exercice 2025.
  • Développer le multitechnique (VMA) et l'immobilier (BPI) en complément de la construction.
  • Test allemand : CFE Bau, contractant général lancé en 2021, encore en phase d'amorçage.

Point de vigilance

  • La dépendance au marché belge est presque totale : un retournement de la construction en Belgique (que Nexelys suit mensuellement) toucherait CFE plus durement que n'importe quel autre acteur du panel.
Section 9 · Synthèse

Ce que ce benchmark nous apprend

Cinq dimensions, dix acteurs, une lecture transversale. Notation Nexelys de 1 à 5 étoiles basée sur les données publiques analysées, dont une dimension dédiée à la présence dans les 4 pays que nous suivons.

Acteur Solidité financière Taille / échelle Présence 4 pays Stratégie ESG Potentiel croissance
Vinci
ACS
Bouygues
Hochtief
Eiffage
Ferrovial
Acciona
Goldbeck
BESIX
CFE
← Faites défiler le tableau horizontalement →
1
Le « grand chelem » européen est rare
Sur dix majors, seuls Vinci et Eiffage sont présents en force en France, en Allemagne, en Espagne et en Belgique à la fois. Les autres concentrent leur Europe sur un ou deux marchés et cherchent la croissance ailleurs. Pour un donneur d'ordre multi-pays, le choix de partenaires réellement paneuropéens est plus étroit qu'il n'y paraît.
2
La croissance se fait hors d'Europe
ACS +19,7 %, Hochtief +14,8 %, BESIX porté par le Golfe : les plus fortes croissances 2025 viennent des États-Unis, de l'Australie et du Moyen-Orient, data centers en tête. L'Europe fournit la base et les compétences ; l'international fournit la croissance. Tant que la construction résidentielle européenne reste convalescente, cet écart va durer.
3
Concessions et industrialisation font la valeur
Vinci à 12,7 % de marge, les concessions d'Eiffage à 43 %, Ferrovial valorisée 41 Md€ pour 9,6 Md€ de CA : le marché récompense les rentes d'infrastructure et les modèles différenciés (préfabrication Goldbeck), pas le volume de chantiers. Le contracting pur, lui, reste un métier de 4 à 6 % de marge où l'exécution fait toute la différence.
Section 10 · Méthodologie

Comment nous avons construit ce benchmark

Ce benchmark s'appuie sur les communiqués de résultats annuels 2025 des groupes cotés, publiés entre le 6 et le 26 février 2026 (Vinci le 6 février ; Hochtief le 19 février ; ACS, Ferrovial, Acciona et CFE les 25-26 février ; Bouygues et Eiffage le 26 février), complétés par les rapports annuels et les présentations investisseurs accessibles publiquement. Pour les groupes non cotés, les derniers comptes publics disponibles sont utilisés et signalés : exercice 2024/25 pour Goldbeck (clos au 31 mars 2025), exercice 2024 pour BESIX (publié en mai 2025).

Les périmètres sont précisés partout où ils diffèrent : ACS consolide Hochtief (leurs chiffres ne s'additionnent donc pas) ; Bouygues est présenté au niveau groupe avec le détail de sa Division Construction (~28 Md€) ; le carnet de Vinci au 31 décembre 2025 est approché à partir du chiffre officiel de 74,9 Md€ au 31 mars 2026 (+7 % depuis fin 2025). Les chiffres en « ~ » sont des approximations issues des communications publiques ; les mentions « N.C. » signalent une donnée non publiée. Les capitalisations boursières sont des valeurs de marché de juin 2026, par nature fluctuantes. La grille de présence par pays s'appuie sur les sites et publications officiels des groupes : les présences signalées « non confirmé » n'ont pas pu être établies à partir de sources publiques à la date de publication.

Sources principales

Aller plus loin

Aller plus loin avec Nexelys

Ce benchmark offre une photographie à date des majors du BTP européen. Pour anticiper les mouvements du secteur 3, 6 et 12 mois à l'avance, Nexelys publie chaque mois un dashboard Construction couvrant la France, l'Allemagne, l'Espagne et la Belgique :

  • Prévisions chiffrées de la production construction et des autorisations dans les 4 pays
  • Suivi des coûts : matériaux (cuivre, acier, bois), énergie, indices de prix du secteur
  • Climats des affaires de la construction en France, Allemagne, Espagne et Belgique
  • Signaux avancés : crédit immobilier, taux, permis de construire, mises en chantier
  • Alertes sur les retournements de cycle dans chacun des 4 pays