La menace sur les coûts s'éloigne. Elle ne disparaît pas.
Pour la construction française, juillet 2026 apporte un répit sur les coûts. Le poste qui inquiétait le plus au printemps, l'énergie, se calme : dans l'indice des prix à la consommation français, les produits pétroliers ralentissent nettement (+11,2 % sur un an en juin après +16,6 % en mai), et ce ralentissement s'accélère depuis la mi-juin (source : INSEE, indice des prix à la consommation, estimation provisoire de juin 2026). Le cuivre, épine dorsale du second œuvre et des réseaux, reflue lui aussi autour de 13 500 dollars la tonne, en repli sur le mois (source : London Metal Exchange / Trading Economics, fin juin 2026). Résultat : la pression sur les indices de coûts BT et TP, qui avait ré-accéléré en avril et mai, devrait se stabiliser au second semestre. Attention toutefois : l'indice national du coût de la construction reste élevé, autour de 135 (indice BT01, INSEE), soit une progression encore supérieure à 2 % sur un an, et le reflux de juin ne suffit pas à effacer trois ans de hausse cumulée. Côté volumes, les autorisations de logements sur 12 mois glissants se stabilisent, mais les données SITADEL des mois les plus récents restent provisoires et sous-estimées par le retard de collecte (source : SITADEL/SDES, Service des Données et Études Statistiques du Ministère de la Transition écologique, données à début 2026, sous réserve de révision). Un mois isolé très bas y est presque toujours un mois incomplet, pas un vrai creux.
🔍 Zoom : pourquoi le cuivre est le vrai baromètre de vos coûts électriques
Le cuivre est le métal du bâtiment invisible : câbles, tableaux, réseaux, bornes de recharge, pompes à chaleur. Quand son cours monte, il finit toujours par se retrouver dans l'indice national du coût de l'électricité dans le bâtiment (indice BT47) et dans l'indice des réseaux d'énergie et de communication (indice TP12a), avec 6 à 9 mois de décalage. C'est cette mécanique qui a fait grimper ces indices au-dessus de l'inflation générale en 2025 et début 2026. Le repli du cuivre vers 13 500 dollars la tonne fin juin (contre plus de 14 500 au printemps) est donc une bonne nouvelle différée : il annonce une accalmie sur les postes électriques et réseaux au tournant de l'automne. La leçon pour tout chantier à réseaux secs ou bornes IRVE (Infrastructures de Recharge pour Véhicules Électriques) : suivre le cuivre aujourd'hui, c'est anticiper ses coûts de dans six mois.
- Cuivre (LME, London Metal Exchange, la bourse mondiale des métaux non-ferreux) : environ 13 500 $/t fin juin 2026, en repli sur le mois après un pic au-dessus de 14 500 $/t au printemps (source : London Metal Exchange / Trading Economics).
- Produits pétroliers (INSEE, IPC) : +11,2 % sur un an en juin 2026, après +16,6 % en mai. Le principal accélérateur de coûts du printemps ralentit nettement.
- Pourquoi le couple compte : cuivre et énergie sont les deux transmetteurs des chocs de prix vers les indices BT et TP. Les voir refluer ensemble, c'est le signal le plus fiable d'une accalmie sur les coûts de chantier au second semestre.