La désinflation française allège la facture. L'énergie belge la rallume.
Le marché de la construction française vit en juin 2026 une parenthèse rare : la désinflation générale (IPC, soit l'Indice des Prix à la Consommation, à +1,7 % sur un an selon l'INSEE en avril 2026) commence à se diffuser sur les indices de coûts BT (Bâtiment). Le BT01 (indice national tous corps d'état) se stabilise autour de 136 points, sa progression annuelle s'érode mois après mois. Côté volumes, les logements autorisés cumulés sur 12 mois restent au plus haut depuis 2023 selon SITADEL/SDES (Service des Données et Études Statistiques du Ministère de la Transition écologique), porteurs d'un carnet de commandes 2026 visible. Mais cette accalmie française masque une menace voisine : la Belgique encaisse en avril 2026 un choc inflation à +4,01 % (Statbel, vs +1,65 % en mars), tiré par les prix de l'énergie. Les indices de coûts BT/TP français étant historiquement corrélés à 6-9 mois aux prix énergie zone euro, c'est un signal d'alerte pour le second semestre.
🔍 Zoom : ce que le choc belge dit du risque énergie pour le BTP français
La Belgique est un thermomètre énergétique. Son système d'indexation salariale automatique transmet immédiatement les chocs prix dans l'économie, ce que ne fait pas la France. Quand le CPI belge (Consumer Price Index, l'inflation officielle Statbel) passe de +1,65 % en mars à +4,01 % en avril 2026, c'est que les marchés gaz et électricité européens ont brutalement bougé. La France subit le même prix d'achat de gros, mais avec un retard de transmission, des boucliers tarifaires et des contrats d'approvisionnement long terme. Conclusion : le BT47 (indice national du coût de l'électricité dans le bâtiment) et le TP12a (réseaux d'énergie et de communication), déjà les plus dynamiques des séries 2025, restent les deux postes à surveiller au S2 2026. Les marchés et révisions de prix négociés en juin doivent intégrer cette asymétrie.
- Inflation France (IPC, INSEE) : +1,7 % sur un an en avril 2026, en repli par rapport aux +2,2 % de mars. Sous la cible BCE pour la première fois depuis fin 2024.
- Inflation Belgique (CPI, Statbel) : +4,01 % en avril 2026, contre +1,65 % en mars. Choc énergie à transmission rapide via l'indexation salariale belge.
- Pourquoi ça compte : les indices BT47 et TP12a français suivent les prix énergie zone euro avec 6 à 9 mois de décalage. Le choc belge d'avril préfigure une tension sur les coûts BTP français au tournant T3-T4 2026.