Le neuf re-décolle. Mais pas pour les bonnes raisons.
Le marché de la construction française envoie des signaux contradictoires en mai 2026. Les autorisations de logements cumulées sur 12 mois atteignent leur plus haut niveau depuis 2023 (source : SITADEL/SDES — Service des Données et Études Statistiques du Ministère de la Transition écologique, mars 2026), et l'indice BT01 (indice national du coût de la construction tous corps d'état) se maintient à 135,1 (INSEE, février 2026, +2,4 % YoY — year-on-year, soit sur un an) — une stabilité qui masque pourtant deux ruptures majeures. D'un côté, le segment des bureaux consolide un rebond porté par les obligations du décret tertiaire 2030. De l'autre, les permis d'aménager s'effondrent de plus de 20 % sur un an, et les démolitions autorisées suivent la même trajectoire — conséquence d'une base 2024-2025 dopée par les programmes ZAN (Zéro Artificialisation Nette, objectif fixé par la loi Climat & Résilience) qui touchent à leur fin.
🔍 Zoom : les indices de coûts qui pèsent sur vos marges
Tous les indices de coûts ne se valent pas. Le BT47 (indice national du coût de l'électricité dans le bâtiment) grimpe de +4,4 % sur un an, contre +1,9 % pour le TP02 (indice national du coût du génie civil). La cause ? Le cuivre, dont les prix flambent (cf. encadré ci-dessous). Le TP12a (indice national du coût des réseaux d'énergie et de communication) suit la même tendance avec +5,0 % YoY — le plus rapide de l'indice. Pour un chantier de réseaux secs ou de bornes IRVE (Infrastructures de Recharge pour Véhicules Électriques), cela signifie un poste de coût qui s'apprécie 4 fois plus vite que l'inflation générale (+2,2 %).
- Cuivre (LME — London Metal Exchange, la bourse mondiale des métaux non-ferreux ; contrats 3 mois) : 6,59 USD/lb au 12 mai 2026, soit environ 14 500 $/t. En hausse de +41 % sur un an (source : London Metal Exchange / Trading Economics).
- Pourquoi ça vous concerne : le cuivre est l'épine dorsale des réseaux électriques, du second œuvre bâtiment et des équipements TP. Une hausse durable se répercute avec 6 à 9 mois de décalage sur les indices BT47 et TP12a.