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📊 Publication mensuelle gratuite Publié le 1er novembre 2026 5 minutes de lecture Par Nexelys

Quatre taux qui montent, une économie qui recule

En septembre 2026, les quatre taux longs à dix ans que nous suivons montent ensemble : 4,44 % en France, 4,12 % en Belgique, 3,93 % en Espagne, 3,47 % en Allemagne. Un mois plus tôt, trois des quatre refluaient encore. Et sur ces quatre économies, une seule se contracte au troisième trimestre : la France, à -0,1 % sur un an. Le prix du temps monte au moment précis où la croissance française s'arrête. Une analyse transverse, sans jargon, à partir de sources publiques uniquement.

Secteurs : Construction · Immobilier · Transport · Conjoncture

L'intuition du mois

Un taux long n'est pas le prix d'un crédit, c'est le prix du temps. Quand l'État français emprunte à dix ans, il fixe le plancher sous lequel aucune banque, aucun promoteur, aucun transporteur ne financera un engagement de même durée. Ce prix vient de monter dans les quatre pays que nous suivons, et c'est nouveau. Le taux long français atteint 4,44 % en septembre 2026, contre 4,00 % en août et 3,68 % en juin, soit 76 points de base en trois mois (source : Eurostat, taux long de référence au titre du critère de convergence, série irt_lt_mcby_m). L'Allemagne passe de 2,96 % en juin à 3,47 %, l'Espagne de 3,41 % à 3,93 %, la Belgique de 3,51 % à 4,12 %. Les quatre montent, et dans des proportions comparables : de 51 à 76 points de base en trois mois. Ce mouvement a une cause datée. Le baril de Brent valait 64,54 dollars en moyenne en octobre 2025 ; il cote 113,43 dollars le 30 octobre 2026. L'inflation de la zone euro remonte à 3,8 % en septembre 2026, et la Banque centrale européenne a porté son taux de refinancement à 2,65 % le 16 septembre. Là où la France se distingue, ce n'est pas sur le niveau de son taux : c'est qu'elle est la seule des quatre à ne plus croître, avec un produit intérieur brut en recul de 0,1 % sur un an au troisième trimestre 2026, quand l'Allemagne gagne 1,2 %, l'Espagne 2,7 % et la Belgique 0,7 % (source : Eurostat, série namq_10_gdp). Voici ce que cette tenaille déplace, secteur par secteur.

Qui paie le temps le plus cher

Taux long à dix ans, inflation et chômage en septembre 2026 ; produit intérieur brut au troisième trimestre 2026. Quatre séries harmonisées, même source et même date pour les quatre pays.

Pays Taux long 10 ans, sept. 2026 PIB réel, T3 2026 Inflation, sept. 2026 Chômage, sept. 2026
France 4,44 % -0,1 % +3,4 % 8,5 %
Belgique 4,12 % +0,7 % +4,5 % 6,0 %
Espagne 3,93 % +2,7 % +5,0 % 10,3 %
Allemagne 3,47 % +1,2 % +3,3 % 4,1 %

Source : Eurostat. Taux long de référence au titre du critère de convergence (irt_lt_mcby_m), produit intérieur brut réel en variation annuelle (namq_10_gdp), indice des prix à la consommation harmonisé (prc_hicp_minr), taux de chômage (une_rt_m). Les quatre séries sont harmonisées : elles se comparent d'un pays à l'autre.

Trois lectures sortent de ce tableau. D'abord, la France paie le temps le plus cher des quatre, 4,44 %, et c'est la seule dont l'économie recule. Ensuite, le marché ne tarife ni la croissance ni l'inflation : l'Espagne croît de 2,7 %, affiche 5,0 % d'inflation et 10,3 % de chômage, et emprunte pourtant 51 points de base moins cher que la France. Ce qui sépare les deux se lit dans un troisième chiffre, la dette publique : 119,1 % du produit intérieur brut en France au deuxième trimestre 2026, contre 110,2 % en Belgique, 101,4 % en Espagne et 63,4 % en Allemagne (source : Eurostat, série gov_10q_ggdebt). L'écart entre le taux français et le taux allemand atteint 97 points de base en septembre 2026. Ce n'est pas un écart de conjoncture, c'est un écart de trajectoire.

Construction

Le volume cesse de reculer, le coût ne s'arrête pas

362 900 logements autorisés sur douze mois, +1,0 % sur un an. Sur la même période, les enrobés prennent 11,7 % et les réseaux d'énergie 7,9 %.

Les permis avancent d'un mois. À fin septembre 2026, 362 900 logements sont autorisés en cumul sur douze mois glissants, en hausse de 1,0 % sur un an, contre 359 300 à fin septembre 2025 (source : SDES, base Sit@del, France métropolitaine, mois récents provisoires). Ce chiffre demande deux lectures opposées. En variation annuelle, il est positif. En niveau, c'est le sixième repli d'affilée depuis le pic de mars 2026 à 383 100, soit 20 200 logements perdus en six mois. La surface habitable autorisée, elle, perd 3,8 % sur douze mois, à 24,28 millions de mètres carrés. On autorise donc à peine plus de logements, et moins de surface. Côté coût, aucune pause. L'index BT01, tous corps d'état, s'établit à 139,4 en août 2026, en hausse de 4,3 % sur un an, contre 133,7 en août 2025 (source : INSEE, base 100 en 2010). Mais c'est sur les travaux publics que le choc énergétique se lit : la fabrication d'enrobés TP09 atteint 138,9, soit 11,7 % de plus qu'en août 2025, et les réseaux d'énergie TP12a 144,4, soit 7,9 % de plus. Trois index du même mois, trois hausses qui vont de 4,3 % à 11,7 % : il n'existe pas un coût de la construction, il en existe autant que de paniers. Les matières premières confirment la séparation. En octobre 2026, dernier mois clos, le cuivre tient 14 290 dollars la tonne, quand l'aluminium recule de 3,6 % en un mois, à 3 168 dollars, et le bois de 4,5 %, à 218,22 dollars le mètre cube.

🔍 Zoom : pourquoi deux index du même mois ne disent pas la même chose

Un index BT ou TP n'est pas un taux d'inflation, c'est un niveau. En base 100 en 2010, un BT01 à 139,4 signifie que le panier de coûts du bâtiment tous corps d'état coûte 39,4 % de plus qu'en 2010, et non qu'il a monté de 39,4 % cette année. Ce qui sépare les index entre eux, c'est leur composition. Le BT01 pèse l'ensemble des corps d'état, salaires compris, et la main d'œuvre y amortit les chocs de matières. Le TP09 pèse la fabrication d'enrobés, où le bitume et l'énergie de chauffe font l'essentiel du prix : quand le baril monte, cet index monte presque aussitôt. Le TP12a pèse les réseaux d'énergie, où le cuivre commande. La conséquence est très concrète. Un marché pluriannuel comporte une clause de révision de prix adossée à un index nommé, et le choix de cet index décide de qui porte la hausse. Deux chantiers voisins, révisés l'un sur le BT01 et l'autre sur le TP09, n'ont pas vécu la même année : 4,3 % contre 11,7 %, soit 7,4 points d'écart sur douze mois. Vérifier lequel des deux votre marché cite n'est pas une formalité juridique, c'est une ligne de marge.

📈 Indicateurs de marché : Construction
  • Logements autorisés, cumul 12 mois à septembre 2026 : 362 900, soit +1,0 % sur un an (source : SDES, base Sit@del, France métropolitaine)
  • Index BT01 et TP09, août 2026 : 139,4 (+4,3 % sur un an) contre 138,9 (+11,7 % sur un an) (source : INSEE, base 100 en 2010)
  • Matières premières, octobre 2026 : cuivre 14 290 dollars la tonne, aluminium 3 168 dollars, bois 218,22 dollars le mètre cube ; acier à 126,1 en août 2026 (sources : cours à terme COMEX et CME ; Eurostat, série sts_inpp_m, division NACE C24)
  • Pourquoi l'écart compte : un index de coût n'est pas un prix de vente, c'est la référence d'une clause de révision. Les 7,4 points qui séparent le BT01 du TP09 sur douze mois se paient par l'une des deux parties au contrat.
⚠️ Le point à surveiller est la révision. Les mois récents de Sit@del sont provisoires et révisés : le +1,0 % de septembre, qui suit un +3,9 % publié le mois précédent, relève d'un acquis statistique qui s'épuise plus que d'une rechute. C'est le niveau du cumul, en recul depuis mars, qu'il faut regarder, et non sa variation annuelle.
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Immobilier

L'État emprunte plus cher que les ménages

Le taux long français atteint 4,44 % en septembre 2026 quand le crédit habitat se traite à 3,11 %. Cette configuration est l'inverse de la normale.

Le taux long français à dix ans s'établit à 4,44 % en septembre 2026, contre 4,00 % en août et 3,68 % en juin (source : Eurostat, taux long de référence au titre du critère de convergence). Le taux moyen des crédits nouveaux à l'habitat à taux fixe, lui, est à 3,11 % au deuxième trimestre 2026, contre 2,99 % un an plus tôt (source : Banque de France). Autrement dit, l'État français emprunte 133 points de base plus cher que les ménages, sur la même échéance de dix ans. Réserve à écrire au plus près du chiffre : les deux séries ne portent pas la même date, l'une est mensuelle et s'arrête à septembre, l'autre trimestrielle et s'arrête à juin, si bien que l'écart mélange deux périodes. Il n'en reste pas moins qu'une banque ne prête pas durablement sous son coût de ressource. Pendant ce temps, le marché ne corrige pas par le prix. L'indice des prix des logements anciens, ensemble France, recule à 125,7 au deuxième trimestre 2026, soit 0,9 % de moins qu'un an plus tôt, avec la maison à -1,3 % et l'appartement à -0,1 %, quand le neuf tient exactement son niveau de l'an dernier, 131,3 (sources : INSEE et Notaires de France, base 100 en 2015). Les volumes, eux, montent encore : 958 000 transactions dans l'ancien sur douze mois glissants au deuxième trimestre 2026, en hausse de 5,6 % sur un an, quatrième trimestre de progression d'affilée (source : Notaires de France). Un mot enfin sur les permis d'entreprise, dont nous avons parlé le mois dernier : la source a révisé des mois déjà publiés. L'indice des permis de bureaux d'août 2026 passe de 60,0 à 58,9 et celui des locaux hors bureaux de 95,8 à 106,2, et nous avions cité les deux anciennes valeurs. En septembre 2026, le bureau est à 64,2 et les autres locaux à 103,6 (source : SDES, base Sit@del, indices base 100 en 2021).

🔍 Zoom : ce que mesure un taux long, et ce qu'il ne mesure pas

L'OAT à dix ans, pour obligation assimilable du Trésor à dix ans, est le titre de référence de la dette française. Eurostat en publie le rendement chaque mois au titre du critère de convergence, et c'est cette série que nous citons ici. Elle ne mesure pas ce que paie un emprunteur privé : elle mesure ce que le marché exige pour immobiliser de l'argent dix ans sur la signature de l'État. Tout le reste se construit au-dessus. Un crédit immobilier à taux fixe, un loyer d'entrepôt capitalisé, une opération de promotion : chacun se compare à ce rendement. Quand il monte de 76 points de base en trois mois, deux choses se produisent sans qu'aucun prix affiché ne bouge. La solvabilité d'un acquéreur à mensualité constante se réduit, et la valeur actuelle d'un revenu locatif futur baisse. C'est pourquoi un marché peut se tendre fortement alors que l'indice des prix ne perd que 0,9 % sur un an : l'ajustement passe d'abord par le délai de vente et par le volume, et par le prix seulement en dernier. Une précaution de lecture, enfin : un taux long est un rendement de marché, il bouge chaque jour, et le chiffre mensuel que nous citons est une moyenne.

📈 Indicateurs de marché : Immobilier
  • Taux long français à dix ans, septembre 2026 : 4,44 %, contre 4,00 % en août et 3,68 % en juin (source : Eurostat)
  • Crédits nouveaux à l'habitat à taux fixe, 2e trimestre 2026 : 3,11 %, contre 2,99 % un an plus tôt (source : Banque de France)
  • Prix et volumes de l'ancien, 2e trimestre 2026 : indice 125,7, soit -0,9 % sur un an, pour 958 000 transactions sur douze mois, soit +5,6 % (sources : INSEE et Notaires de France)
  • Pourquoi le couple compte : un marché dont le volume monte de 5,6 % quand le prix perd 0,9 % ne se débloque pas par la valeur, il se débloque par la décote et par le crédit. Si le coût du crédit rejoint celui de la dette d'État, c'est ce moteur qui s'arrête.
⚠️ Le point à surveiller est lequel des deux côtés cède. Soit le crédit habitat remonte vers le taux souverain, et la solvabilité des acquéreurs se réduit ; soit le taux long reflue, et rien ne change pour l'acheteur. Nos propres trajectoires de taux, réservées aux abonnés, retiennent désormais une hausse des quatre taux longs jusqu'en juin 2027, là où trois d'entre elles refluaient encore le mois dernier.
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Transport

Le secteur encaisse plus, il ne transporte pas plus

Le chiffre d'affaires du transport terrestre gagne 5,7 % sur un an en août 2026. Sur ces 5,7 points, 3,6 sont du prix.

Le choc énergétique arrive dans le transport avant d'arriver ailleurs. Le baril de Brent cote 113,43 dollars le 30 octobre 2026, contre 64,54 dollars en moyenne en octobre 2025, et les carburants payés par les ménages français montent de 34,3 % sur un an en septembre 2026 (sources : cours à terme du Brent ; Eurostat, indice des prix à la consommation harmonisé, composante carburants). Le secteur passe cette hausse, mais pas entièrement. L'indice de chiffre d'affaires du transport terrestre atteint 139,8 en août 2026, en hausse de 5,7 % sur un an, contre 132,3 en août 2025 (source : INSEE, indice en valeur, base 100 en 2021). Sur le même mois, le prix des services de transport de marchandises monte de 3,6 %, de 101,38 à 105,00 (source : INSEE, base 100 en 2025). Près des deux tiers de la croissance du secteur sont donc du prix, et non du tonnage. Le volume réellement déplacé le confirme. En juin 2026, dernier point publié, le fret ferroviaire total perd 0,8 % sur un an, le fret fluvial 6,8 % et le trafic de véhicules légers sur autoroutes 6,0 % ; seuls le trafic de poids lourds, à +1,0 %, et le fret aérien, à +4,8 %, progressent (source : SDES). Il n'y a donc pas de bascule modale en cours. Et le parc ne s'élargit plus : en septembre 2026, les immatriculations d'utilitaires légers neufs reculent de 9,9 %, à 27 881 unités, quand les poids lourds sont stables à 3 927, soit -0,4 % sur un an (source : SDES, répertoire statistique des véhicules routiers).

🔍 Zoom : du baril à la facture, une chaîne à trois maillons

Entre le baril et le prix d'une tournée, il y a trois maillons. Le premier est le raffinage : un mouvement du Brent se retrouve à la pompe en quelques semaines, et il s'y retrouve amplifié ou amorti selon la fiscalité et les marges de distribution. Le deuxième est le contrat : un transporteur ne répercute pas un prix de gazole, il répercute une clause d'indexation gazole, qui se révise mensuellement ou trimestriellement, parfois avec un plafond. Le troisième est la structure du prix : la clause ne porte que sur la part gazole, le reste étant de la main d'œuvre, du véhicule et des frais généraux. Cela explique une arithmétique qui surprend. Les carburants montent de 34,3 % sur un an en septembre 2026, et le prix des services de transport de marchandises de 3,5 % seulement sur le même mois (sources : Eurostat ; INSEE). Ce n'est pas que le secteur ne répercute rien : c'est que la facture d'un chargeur n'est pas une facture de carburant. L'écart entre les deux est la marge, et c'est elle qui absorbe le choc en premier.

📈 Indicateurs de marché : Transport
  • Brent, 30 octobre 2026 : 113,43 dollars le baril, contre 64,54 dollars en moyenne en octobre 2025 (source : cours à terme du Brent)
  • Chiffre d'affaires du transport terrestre, août 2026 : indice 139,8, soit +5,7 % sur un an, dont 3,6 points de prix (source : INSEE, indice de chiffre d'affaires en valeur et prix des services de transport de marchandises)
  • Immatriculations, septembre 2026 : 3 927 poids lourds, soit -0,4 % sur un an, et 27 881 utilitaires légers, soit -9,9 % (source : SDES, répertoire statistique des véhicules routiers)
  • Pourquoi le couple compte : un chiffre d'affaires qui monte de 5,7 % avec 2,1 points de volume seulement n'est pas une conquête de marché, c'est un passage de hausse. Et un parc d'utilitaires qui recule de 9,9 % dit que personne ne mise sur un volume supplémentaire.
⚠️ Le point à surveiller est l'écart entre deux horizons. En septembre 2026, la tendance prévue d'activité des transporteurs routiers remonte à -4,9, après -14,4 en août, mais les perspectives à moyen terme restent à -18,9 (source : INSEE, enquête de conjoncture dans les transports, soldes d'opinion). Les carnets de fin d'année se remplissent, et personne ne croit que cela dure. Un tracteur s'amortit sur plusieurs années : c'est le second chiffre qui commande l'investissement.
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Conjoncture

Le ciseau le plus large depuis 2022

Le climat des affaires dans l'industrie monte à 105,3 en octobre 2026. La confiance des ménages tombe à 80, le plus bas niveau de cette enquête depuis 1972.

Octobre 2026 écarte deux indicateurs qui devraient aller ensemble. Le climat des affaires dans l'industrie gagne 4,0 points en un mois et atteint 105,3, au-dessus de sa moyenne de longue période. La confiance des ménages en perd 5 et tombe à 80 (source : INSEE, indicateurs synthétiques, où 100 vaut la moyenne de longue période). Ce 80 n'est pas un point bas parmi d'autres : c'est le niveau le plus faible de la série que l'INSEE publie depuis octobre 1972, à égalité avec juin 2013. Les 25,3 points qui séparent les deux indicateurs font le plus large écart depuis juin 2022, et le deuxième de toute la série, qui commence en avril 1976. Les comptes expliquent le côté ménages. Le chômage remonte à 8,5 % en septembre 2026, contre 7,9 % un an plus tôt, quand la zone euro est à 6,5 % (source : Eurostat). Le produit intérieur brut français recule de 0,1 % sur un an au troisième trimestre 2026, après +0,5 % au deuxième (source : Eurostat). Et la consommation de biens en volume perd 0,4 % sur un an en septembre, à 46,08 milliards d'euros, avec l'alimentation à -1,2 % quand les matériels de transport gagnent 8,5 % (source : INSEE, volumes chaînés aux prix de 2020). Les ménages n'achètent pas plus, ils arbitrent. Côté entreprises, la contrepartie manque encore : la production manufacturière est strictement plate sur un an en août 2026, à -0,1 % (source : INSEE, base 100 en 2021).

🔍 Zoom : trois inflations, trois décisions différentes

L'inflation n'est pas un chiffre, c'en est au moins trois, et les confondre coûte cher ce mois-ci. Premier chiffre, l'indice d'ensemble : il monte de 3,4 % sur un an en septembre 2026 en France, et de 3,8 % dans la zone euro (sources : INSEE ; Eurostat, indice des prix à la consommation harmonisé). Deuxième chiffre, l'indice sous-jacent, c'est-à-dire hors tarifs publics et hors produits à prix volatils, corrigé des mesures fiscales : il ne monte que de 1,5 % sur un an (source : INSEE, base 100 en 2025). Les 1,9 point d'écart entre les deux sont presque entièrement de l'énergie, qui prend 10,1 % sur un an, et des transports, qui prennent 10,0 %. Troisième chiffre, le sous-jacent alimentaire, qui recule de 0,5 % sur un an et repasse sous sa base de 2025. Trois lectures du même mois, qui ne commandent pas la même décision. Une clause d'indexation adossée à l'indice d'ensemble coûte 3,4 % ; la même clause adossée au sous-jacent coûte 1,5 %. Un distributeur alimentaire qui attend un retour de l'inflation pour relever son ticket moyen attend quelque chose que sa propre série ne porte plus. Et un acheteur d'énergie qui se budgète sur l'indice d'ensemble sous-estime sa ligne de près de sept points.

📈 Indicateurs de marché : Conjoncture
  • Climat des affaires et confiance des ménages, octobre 2026 : 105,3 contre 80, pour une moyenne de longue période à 100 dans les deux cas (source : INSEE)
  • Inflation, septembre 2026 : indice d'ensemble +3,4 % en France et +3,8 % en zone euro, sous-jacent +1,5 %, sous-jacent alimentaire -0,5 % (sources : INSEE ; Eurostat)
  • Croissance et emploi : produit intérieur brut à -0,1 % sur un an au troisième trimestre 2026, chômage à 8,5 % en septembre 2026 (source : Eurostat)
  • Pourquoi ça compte : la Banque centrale européenne a porté son taux de refinancement à 2,65 % le 16 septembre 2026, contre 2,40 % depuis le 17 juin. C'est un taux unique pour une zone où l'inflation va de 3,3 % en Allemagne à 5,0 % en Espagne, et où la France est la seule des quatre à ne plus croître.
⚠️ Le point à surveiller est la résolution du ciseau. Un climat des affaires à 105,3 et une production manufacturière à -0,1 % sur un an ne peuvent pas coexister longtemps : soit la production rattrape le moral déclaré, soit le moral retombe. Le premier des deux qui bouge donnera la réponse.
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Le fil rouge : tout ce qui engage dans le temps recule

Rangez les quatre secteurs par durée d'engagement et le désordre apparent devient une courbe. La décision la plus longue est le permis d'entreprise : l'indice des permis de bureaux est à 64,2 en septembre 2026, pour une base 100 en 2021. Vient ensuite le véhicule professionnel, acheté pour plusieurs années : les utilitaires légers neufs reculent de 9,9 % sur un an, et les perspectives d'activité à moyen terme des transporteurs restent à -18,9 quand leur activité courante remonte à -4,9. Vient ensuite l'achat d'un logement, décision de quelques mois : les transactions dans l'ancien montent encore, de 5,6 % sur un an. Vient enfin la consommation courante, qui ne se décide pas : elle tient, à -0,4 % en volume. Plus la décision engage loin, plus elle recule ; plus elle est immédiate, plus elle tient. Ce n'est pas un hasard de calendrier, c'est le même prix qui s'applique à tous : celui du temps. Il a monté de 76 points de base en trois mois sur la signature de l'État français, et de 51 à 61 points de base chez les trois voisins. La chaîne est datée. Le baril passe de 64,54 dollars en octobre 2025 à 113,43 dollars le 30 octobre 2026, l'inflation de la zone euro remonte à 3,8 % en septembre, la Banque centrale européenne porte son taux à 2,65 % le 16 septembre, et le marché reprend le prix de la dette longue. La France paie ce mouvement deux fois : au prix commun, et dans la seule des quatre économies qui ne croît plus.

Où se situe la France

Un dernier repère. Ce qui distingue la France des trois autres pays n'est ni son inflation, à 3,4 % en septembre 2026 contre 5,0 % en Espagne et 4,5 % en Belgique, ni son chômage, à 8,5 % contre 10,3 % en Espagne. C'est la rencontre de deux chiffres. Sa dette publique atteint 119,1 % du produit intérieur brut au deuxième trimestre 2026, le plus haut des quatre, contre 110,2 % en Belgique, 101,4 % en Espagne et 63,4 % en Allemagne (source : Eurostat, série gov_10q_ggdebt). Et son produit intérieur brut recule de 0,1 % sur un an au troisième trimestre 2026, le seul des quatre dans ce cas (source : Eurostat, série namq_10_gdp). Une dette élevée dans une économie qui croît se dilue ; la même dette dans une économie qui recule s'alourdit à chaque trimestre. C'est cela que les 97 points de base d'écart avec l'Allemagne tarifent en septembre 2026. L'indicateur de sentiment économique place d'ailleurs la France à 96,1 en octobre 2026, contre 105,1 en Espagne, 94,1 en Allemagne et 89,0 en Belgique (source : Eurostat, série ei_bssi_m_r2) : ni la plus mal orientée des quatre, ni au-dessus de sa normale. Le sujet français n'est pas le niveau. C'est la pente.

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Sources

Tous les chiffres de cette publication proviennent de sources publiques et sont vérifiables à la source citée. Les données Sit@del des mois récents sont provisoires et révisées : deux valeurs citées dans notre édition d'octobre l'ont été ce mois-ci, et nous le signalons dans le texte. Les écarts annuels sont calculés d'un mois ou d'un trimestre sur la même période de l'année précédente, et les comparaisons entre pays reposent sur des séries harmonisées, de même base et de même date. Les prévisions Nexelys ne figurent pas dans cette publication, à l'exception de leur sens, indiqué sans chiffre dans la carte immobilier : les valeurs sont réservées aux abonnés et détaillées dans nos newsletters sectorielles et nos tableaux de bord.