Le volume cesse de reculer, le coût ne s'arrête pas
Les permis avancent d'un mois. À fin septembre 2026, 362 900 logements sont autorisés en cumul sur douze mois glissants, en hausse de 1,0 % sur un an, contre 359 300 à fin septembre 2025 (source : SDES, base Sit@del, France métropolitaine, mois récents provisoires). Ce chiffre demande deux lectures opposées. En variation annuelle, il est positif. En niveau, c'est le sixième repli d'affilée depuis le pic de mars 2026 à 383 100, soit 20 200 logements perdus en six mois. La surface habitable autorisée, elle, perd 3,8 % sur douze mois, à 24,28 millions de mètres carrés. On autorise donc à peine plus de logements, et moins de surface. Côté coût, aucune pause. L'index BT01, tous corps d'état, s'établit à 139,4 en août 2026, en hausse de 4,3 % sur un an, contre 133,7 en août 2025 (source : INSEE, base 100 en 2010). Mais c'est sur les travaux publics que le choc énergétique se lit : la fabrication d'enrobés TP09 atteint 138,9, soit 11,7 % de plus qu'en août 2025, et les réseaux d'énergie TP12a 144,4, soit 7,9 % de plus. Trois index du même mois, trois hausses qui vont de 4,3 % à 11,7 % : il n'existe pas un coût de la construction, il en existe autant que de paniers. Les matières premières confirment la séparation. En octobre 2026, dernier mois clos, le cuivre tient 14 290 dollars la tonne, quand l'aluminium recule de 3,6 % en un mois, à 3 168 dollars, et le bois de 4,5 %, à 218,22 dollars le mètre cube.
🔍 Zoom : pourquoi deux index du même mois ne disent pas la même chose
Un index BT ou TP n'est pas un taux d'inflation, c'est un niveau. En base 100 en 2010, un BT01 à 139,4 signifie que le panier de coûts du bâtiment tous corps d'état coûte 39,4 % de plus qu'en 2010, et non qu'il a monté de 39,4 % cette année. Ce qui sépare les index entre eux, c'est leur composition. Le BT01 pèse l'ensemble des corps d'état, salaires compris, et la main d'œuvre y amortit les chocs de matières. Le TP09 pèse la fabrication d'enrobés, où le bitume et l'énergie de chauffe font l'essentiel du prix : quand le baril monte, cet index monte presque aussitôt. Le TP12a pèse les réseaux d'énergie, où le cuivre commande. La conséquence est très concrète. Un marché pluriannuel comporte une clause de révision de prix adossée à un index nommé, et le choix de cet index décide de qui porte la hausse. Deux chantiers voisins, révisés l'un sur le BT01 et l'autre sur le TP09, n'ont pas vécu la même année : 4,3 % contre 11,7 %, soit 7,4 points d'écart sur douze mois. Vérifier lequel des deux votre marché cite n'est pas une formalité juridique, c'est une ligne de marge.
- Logements autorisés, cumul 12 mois à septembre 2026 : 362 900, soit +1,0 % sur un an (source : SDES, base Sit@del, France métropolitaine)
- Index BT01 et TP09, août 2026 : 139,4 (+4,3 % sur un an) contre 138,9 (+11,7 % sur un an) (source : INSEE, base 100 en 2010)
- Matières premières, octobre 2026 : cuivre 14 290 dollars la tonne, aluminium 3 168 dollars, bois 218,22 dollars le mètre cube ; acier à 126,1 en août 2026 (sources : cours à terme COMEX et CME ; Eurostat, série sts_inpp_m, division NACE C24)
- Pourquoi l'écart compte : un index de coût n'est pas un prix de vente, c'est la référence d'une clause de révision. Les 7,4 points qui séparent le BT01 du TP09 sur douze mois se paient par l'une des deux parties au contrat.